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Burkina Faso : Thomas Sankara, tout savoir sur ce procès historique

Burkina : Reconstitution sur les lieux de l’assassinat de Thomas Sankara
Discours de Thomas Sankara devant l'Assemblée Générale de l'ONU le 4 octobre 1984

Trente-quatre ans après l’assassinat du leader de la « révolution » burkinabé, le procès des présumés assassins s’est ouvert le 11 octobre à Ouagadougou, puis a été renvoyé au 25 octobre.

 

Ouvert le 11 octobre dans la salle des banquets de Ouaga 2000, bondée pour l’occasion, ce « procès Sankara » touche à l’un des événements les plus traumatiques de l’histoire du Burkina Faso : l’assassinat, à 37 ans, du président Thomas Sankara, le 15 octobre 1987. Ceci, pour tenter de faire la lumière sur cet événement qui a transformé l’ancien président en prophète et martyre du panafricanisme et de l’Afrique postcoloniale.

Ce procès est historique, aussi, car parmi les prévenus se trouve l’ancien président burkinabé, Blaise Compaoré, successeur de Sankara. Accusé de « complicité d’assassinats », « recel de cadavres » et « d’attentat à la sûreté de l’État », c’est la première fois que son rôle est examiné devant une cour de justice. Il a toujours nié avoir commandité cet assassinat et il ne sera pas présent au procès car la Côte d’Ivoire, où il réside depuis sa chute en 2014 et dont il a obtenu la nationalité, ne l’a pas extradé.

Appelé par ses admirateurs le « Che Guevara africain », Thomas Sankara était arrivé au pouvoir par un coup d’État, en 1983. « Il faut décoloniser les mentalités », clamait celui qui affichait un train de vie modeste comme président, appelait l’Afrique à ne pas payer sa dette aux pays occidentaux, dénonçait devant l’ONU les guerres « impérialistes », l’apartheid, la pauvreté et défendait le droit des Palestiniens à l’autodétermination.

Promoteur d’une éducation de qualité pour tous, précurseur d’une politique améliorant la place des femmes dans la société, porteur d’une réforme de l’agriculture, n’hésitant pas à user de la manière forte pour imposer ses vues, il jouissait d’une popularité jamais démentie que ce soit parmi les jeunes ou chez les anciens. Plus d’une dizaine de partis politiques se réclament de son idéal.

A noter que Thomas Sankara est tué, avec douze de ses compagnons, par un commando lors d’une réunion au siège du Conseil national de la révolution (CNR) à Ouagadougou. Son frère d’armes, Blaise Compaoré, lui succède. Le général Gilbert Diendéré, bras droit de Blaise Compaoré, est aussitôt soupçonné d’avoir organisé cet assassinat. Devenu plus tard le chef d’état-major particulier de Compaoré, il purge une peine de vingt ans de prison pour une tentative de coup d’État en 2015.

Plusieurs soldats de l’ancienne garde présidentielle commandée par Blaise Compaoré figurent aussi parmi les accusés. Notamment Hyacinthe Kafando, en fuite, soupçonné d’avoir été le chef du commando.

 


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