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Ouverture à la concurrence: des entreprises déjà prêtes à défier la SNCF

Plusieurs compagnies pourraient répondre aux appels d’offres de l’Etat et des régions, ou lancer directement leurs trains sur les rails français, face à la SNCF. En voici quelques-unes.

– Transdev

Fruit de la fusion en 2011 de Transdev et de Veolia Transport, Transdev a hérité de Veolia ses ambitions de venir concurrencer la SNCF sur les rails français. Filiale de la Caisse des dépôts (66%) et du groupe allemand Rethmann (34%), Transdev fait déjà rouler des trains depuis longtemps, notamment en Allemagne, en Nouvelle-Zélande, aux Pays-Bas et en Suède.

En France, le groupe co-exploite déjà le tram-train de Mulhouse et exploite le petit train à crémaillère du Puy-de-Dôme, ainsi que –en sous-traitance de la SNCF– deux lignes locales en Bretagne.

A force d’attendre depuis des années l’arrivée de la concurrence, Transdev avait commencé à douter de la réalité de l’ouverture du marché. Et son récent échec devant la SNCF et la RATP pour exploiter le futur CDG Express, la liaison rapide devant relier en 2025 Paris à l’aéroport de Roissy, ne l’a pas encouragé.

Le groupe est reparti au combat pour l’exploitation des TER, mettant surtout en avant son expérience en Allemagne, et proposant une organisation décentralisée.

– La RATP

Les régions vont-elles passer de la SNCF à la RATP, un autre groupe public? Exploitant plusieurs lignes de RER dans la région parisienne et le Gautrain –un train régional reliant Johannesburg à Pretoria en Afrique du Sud– la RATP s’intéresse ouvertement aux TER.

Elle-même menacée par l’arrivée prochaine de la concurrence sur son marché historique, la RATP a déjà répondu présent à l’appel à manifestation d’intérêts de la région PACA. Elle vient de s’allier à Getlink (l’ancien Eurotunnel) pour répondre aux appels d’offres dans le Grand Est et les Hauts-de-France.

– Trenitalia

Trenitalia est déjà un opérateur ferroviaire en France via sa filiale Thello (une ancienne coentreprise avec Veolia/Transdev), qui fait rouler un aller-retour par nuit entre Paris et Venise et une poignée de trains entre Marseille, Nice et Milan.

Echaudée par l’arrivée sur ses terres du concurrent Italo (dont la SNCF était un actionnaire important à son lancement en 2012), la compagnie publique italienne a déjà indiqué qu’elle souhaitait participer aux appels d’offres des TER et se lancer sur le marché de la grande vitesse en France.

– Arriva (Deutsche Bahn)

La Deutsche Bahn (DB) et sa filiale Arriva exploitent des trains régionaux en Allemagne, au Danemark, au Pays-Bas, en Pologne, au Portugal, au Royaume-Uni, en Suède et en République tchèque.

– Abellio

Moins connue, Abellio, filiale des chemins de fer néerlandais NS exploite des trains régionaux en Allemagne et au Royaume-Uni.

– MTR

Opérateur du métro de Hong Kong, MTR a fait son entrée en Europe en 2009 en reprenant l’exploitation du métro de Stockholm, et fait actuellement rouler des trains en Australie, au Royaume-Uni et en Suède.

– FlixTrain

FlixTrain, société-soeur de l’opérateur allemand d’autocars FlixBus, propose trois liaisons en Allemagne (Hambourg-Cologne, Berlin-Cologne et Berlin-Francfort-Stuttgart) de même qu’un train de nuit hebdomadaire de Hambourg à Lörrach (près de Bâle). Particularité: FlixTrain sous-traite l’exploitation à des compagnies spécialisées, dont l’opérateur tchèque LeoExpress.

En France, FlixTrain a notifié en juin son intention de faire circuler des trains classiques sur les liaisons Paris-Bruxelles, Paris-Lyon, Paris-Nice, Paris-Toulouse et Paris-Bordeaux, après l’ouverture à la concurrence des grandes lignes fin 2020.

… et la SNCF elle-même, via Keolis

Keolis, filiale de transports publics de la SNCF (à 70%), exploite des trains en Allemagne, aux Etats-Unis, au Pays-Bas et au Royaume-Uni. La SNCF pourrait la faire répondre à des appels d’offres pour des lignes suburbaines, afin de présenter une offre moins chère.


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