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Le vol gangrène la mesure de gratuité des soins au Burkina Faso

Journaldufaso.com avec AIB_Mise en œuvre en début d’année 2016, la mesure de gratuité des soins au profit des femmes enceintes et des enfants de moins de cinq ans est gangrenée trois ans après, par le vol et le détournement de médicaments par des agents de santé indélicats. Enquête.

Le samedi 29 juin 2019, Mme Kindo a envoyé son enfant souffrant au Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) urbain 2 de Solenzo. Après consultation du petit malade, l’infirmier lui tend une ordonnance non estampillée «gratuité de soins», s’élevant à 9380 FCFA, tout en l’informant qu’il a en sa possession ces produits.

L’enfant est donc soigné par l’infirmier avec des produits qu’il détenait par devers lui et exige de la femme qu’elle délie le cordon de la bourse. Sentant une entourloupe, Madame Kindo appelle illico presto son conjoint qui déboule au quart de tour. A l’infirmier qui lui présente le coût des produits utilisés, il rappelle la politique de gratuité des soins. «Il a commencé à s’énerver. Il a dit que le samedi et le dimanche, la pharmacie ne s’ouvre pas, donc eux, ils vendent les produits mais si je ne veux pas, je peux aller les acheter à l’extérieur» raconte t-il.

Impuissant, il s’exécute en grommelant mais informe aussitôt le major du CSPS Issouf Konaté en exigeant son remboursement. Selon ce dernier, l’arnaqueur en complicité avec un autre, n’était pas à son premier forfait. «Avant ce cas, j’avais constaté que les deux vendaient des médicaments pendant les heures d’ouverture et de fermeture du dépôt pharmaceutique. Malgré mes interpellations, ils ont poursuivi leurs forfaits» lâche-t-il.

Devant ce nouveau cas, le major Issouf Konaté a saisi son supérieur hiérarchique, le médecin chef de District (MCD) Koabié Bakouan et l’affaire parvient aux différentes autorités de la localité. Notamment, au bureau local du Syndicat national des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA) où les deux incriminés DO et RK, étaient membres. Pourtant, foi du secrétaire général de la sous-section Banwa du SYNTSHA, Aliou Ouattara, l’organisation condamne ce genre de pratiques.

«Notre structure ne tolère pas qu’un infirmier ait par devers lui des produits. Malheureusement, le cas s’est avéré. Nous l’avons condamné avec notre dernière vigueur» a-t-il déclaré.

Comme sanction, les mis en cause ont déposé des lettres d’explication et ils ont été retiré du bureau du SYNTSHA, nous informe Aliou Ouattara. Interpellé sur cette affaire par le MCD, les deux agents ont, dans un premier temps, nié les faits en arguant qu’ils n’avaient pas vu les documents de l’enfant et ne savaient donc pas qu’il avait moins de 5 ans. «Nous leur avons rappelé que dans le cadre de la gratuité, dès qu’un enfant arrive, les agents de santé doivent toujours chercher à savoir s’il est concerné par la mesure ou pas» a affirmé le MCD.


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