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Emily Beecham, actrice en pleine ascension couronnée à Cannes

Emily Beecham, qui a remporté samedi le prix de la meilleure interprétation féminine pour son rôle dans « Little Joe », est une actrice anglo-américaine qui brille dans ce film où elle incarne une scientifique obsessionnelle et borderline.

Dans ce long métrage de l’Autrichienne Jessica Hausner, qui évoque des manipulations génétiques dans un futur assez proche, l’actrice de 35 ans est Alice, une phytogénéticienne à la fois très pointue, qui travaille dans le développement de nouvelles plantes.

Alice, femme aux tenues colorées mais strictes, chemisiers boutonnés jusqu’en haut, est aussi à l’aise dans son travail qu’elle semble maladroite dans la vie, avec son collègue qui lui fait des avances comme avec son fils adolescent, Joe, avec qui elle vit seule, et qu’elle retrouve autour d’un plat à emporter tous les soirs.

Alors qu’elle a mis au point une fleur très particulière, qui rend son propriétaire heureux si on s’occupe bien d’elle et qu’on lui parle, Alice enfreint le règlement en en offrant une à son fis, qu’ils baptisent Little Joe. Mais elle va découvrir peu à peu que cette plante n’est peut-être pas inoffensive, et semble avoir des effets étranges, ce qui la plonge peu à peu dans la paranoïa.

Ce rôle est l’un des plus marquants de la carrière d’Emily Beecham, commencée en 2006.

Née à Manchester (nord de l’Angleterre) d’une mère américaine et d’un père britannique, cette rousse au teint de porcelaine est entrée à l’âge de 18 ans à la London Academy of Music and Dramatic Art, dont elle a été diplômée trois ans plus tard.

En 2006, encore étudiante, elle tourne son premier film, le thriller « Bon voyage » de John Fawcett. Puis elle enchaîne en 2007 avec un film indépendant, « The calling » de Jan Dunn, qui lui vaut d’être distinguée comme meilleure actrice au Festival du film indépendant de Londres en 2008. Elle y interprète Joanna, une jeune femme qui décide de devenir nonne, contre l’avis de sa famille.

Elle entame parallèlement une carrière au théâtre, dans la pièce « How to Curse » de Ian McHugh à Londres, et apparaît aussi dans plusieurs séries télévisées anglaises: « Miss Marple », « Tess of the D’Urbervilles » ou « The Village ».

– Tournant de 2017 –

Elle est surtout connue au petit écran depuis 2015 pour son interprétation de « The Widow » (La Veuve) dans la série américaine post-apocalyptique « Into the Badlands ». Pour ce rôle, elle s’entraîne six semaines dans un camp d’art martiaux, avec les autres acteurs. « Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. Je n’avais jamais fait de combats avant, c’était très excitant », témoignait-elle en 2015.

Ces dernières années, sa carrière s’accélère. Elle joue en 2016 dans le déjanté « Hail, Cesar ! » des frères Cohen, une comédie sur l’âge d’or d’Hollywood dans les années 50.

Elle marque surtout les esprits en 2017 en interprétant Daphné, dans le film éponyme de Peter Mackie Burns, pour lequel elle a été nommée plusieurs fois, notamment dans la catégorie meilleure actrice aux British Independent Film Awards (BIFA), « un honneur absolu » selon l’actrice.

Dans ce film, qui lui permet d’accéder à une reconnaissance internationale, elle incarne une jeune femme cynique, qui change du tout au tout après avoir été témoin d’une agression violente dans une épicerie.

Dans « Little Joe », son douzième film au cinéma, Emily Beecham est impressionnante en scientifique qui donne le sentiment d’être instable et évoque avec son psychothérapeute « sa mauvaise conscience par rapport à son fils, son addiction au travail et ses peurs secrètes », explique la réalisatrice.

« Nous avons eu quelques femmes incroyables qui ont été des sources d’inspiration », comme la microbiologiste française Emmanuelle Charpentier et l’anthropologue spécialiste des chimpanzés Jane Goodall, qui ont expliqué comment « leurs recherches avaient interféré avec leur famille », a expliqué Emily Beecham à l’AFP pendant le festival.

L’actrice a voté pour le parti travailliste lors des dernières élections législatives au Royaume-Uni, selon son compte Instagram. Elle y relaie aussi des appels d’associations aux dons pour les enfants atteints de cancer ou encore pour les sans-abris.


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