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Des syndicats du secteur de la santé, de nouveau en grève (10 jours)

Le SYMEB (syndicat des médecins du Burkina),  le SYSFMAB (syndicat des sages femmes et Maïeuticiens et Accoucheuses du Burkina), le Syndicat Autonome des Infirmiers et Infirmières du Burkina (SAIB), et celui des Travailleurs de l’Administration Hospitalière et des services de Santé (SYNTAHSS) ont informé président du Faso par le biais d’une lettre,  du début d’une grève du 20 au 30 Novembre 2019.

Voici la lettre adressée au Chef de l’Etat :

Excellence Monsieur le Président du Faso,
Depuis le deuxième trimestre de cette année, le secteur de la santé est confronté à une crise grandissante qui tire ses origines de l’inertie observée par le ministère de la santé dans la mise en œuvre des réformes structurantes dont la plus attendue est la mise en œuvre de la loi portant Fonction Publique Hospitalière (FPH).
Plus d’une année après la signature du protocole d’accord, et malgré les multiples interpellations des syndicats du secteur de la santé, l’application de la FPH qui doit être un tremplin pour revitaliser les hôpitaux et booster les réformes liées à l’organisation du travail dans le secteur de la santé est sans cesse reportée.
Face à cette inertie, les syndicats du secteur de la santé ont ainsi entrepris plusieurs actions pour attirer l’attention du gouvernement sur les risques de ces reports. Il s’agit, pour ce qui concerne le collectif des quatre syndicats signataires de la présente :

• D’une déclaration d’interpellation du gouvernement le 17Avril 2019 ;

• De la transmission d’une note d’interpellation le 23Avril 2019 au Ministre de la fonction publique, du travail et de la protection sociale ;

• De la tenue de sit-in avec dépôt de mémorandum dans toutes les treize (13) régions du Burkina le 21 Mai 2019 ;

• D’une grève d’avertissement de soixante douze heures du 22 au 25 mai 2019 ;

• De l’organisation d’une marche pacifique le 24 juin 2019 de la bourse du travail au ministère de la santé ;

• D’une grève d’une semaine allant du dimanche 30 juin 2019 au dimanche 07 juillet 2019 ;

• De l’observation d’une suspension de certaines activités depuis le 07 juillet 2019.

Malgré toutes ces interpellations, force est de constater que les réponses se font toujours attendre. Aucun agent de santé émergeant à la solde ne dispose d’un acte de reversement dans la fonction publique hospitalière, soit environ 95% des agents de santé. Et les autres décrets d’application de la FPH et notamment celui portant organisation du travail dans les services de santé ne sont pas encore pris. Pourtant, du fait des actions d’information et de mobilisation des syndicats, les avantages de cette réforme commencent à être perceptibles sur le système de santé avec entre autres :
• Une meilleure organisation du travail dans les services de santé, en particulier l’effectivité l’organisation de la continuité du service public de santé avec les gardes couchées qui sont assurées par le personnel de santé toutes professions confondues allant du professeur hospitalo-universitaire au personnel du soutien ;

• Une meilleure motivation du personnel de la santé du fait de la communication des syndicats, qui se traduit par une plus grande implication dans l’organisation de l’offre de soin, malheureusement freinée par l’inertie du leadership au ministère de la santé.

Pire certaines actions entreprises par le ministère de la santé sont de nature à dégrader davantage le climat social déjà délétère. Au nombre de celles-ci figurent les coupures de salaire des agents observées ce mois ci, alors même que sur la période incriminée , nos militants sont assuré et continuent d’assurer la prise en charge de toutes les urgences et toutes les activités qui ne peuvent être différées. Ces retenues qui sont censées couvrir la période du 07 juin au 24 septembre 2019 sont abusives et on été effectuée de façon arbitraire dans le but de sanctionner les travailleurs qui réclament légitimement de meilleures conditions de vie et de travail afin d’offrir des soins de qualité.

Malgré ces actions antisyndicales et l’inertie du ministère de la santé, nous avons l’honneur de vous tenir informé qu’à l’appel du syndicat des médecins du Burkina (SYMEB), du syndicat des sages femmes et Maïeuticiens et Accoucheuses du Burkina (SYSFMAB), du Syndicat Autonome des Infirmiers et Infirmières du Burkina (SAIB), du syndicat des Travailleurs de l’Administration Hospitalière et des services de Santé (SYNTAHSS) , leurs militants observent sur toute l’étendue du territoire national la suspension du mot d’ordre d grève contenu dans le préavis du 12 juin 2019 pour marquer leur volonté et leur engagement à œuvrer pour un système de santé performant en vie d’une offre de soins de qualité au profit de nos concitoyens.

Cependant, en cas de non respect du nouveau calendrier d’application de la FPH fourni par le ministère de la santé en date du 18 Octobre 2019 et d’absence de régularisation des retenues abusives sur les salaires, nos militants observeront, sur toute l’étendue du territoire national, une grève de dix jours allant du Mercredi 20 Novembre 2029 à 7heures au samedi 30 Novembre 2029 à 7heures pour exiger des réponses concrètes et diligentes à leurs attentes soumises depuis le mois d’avril et dont les principaux sont rappelées ici :

1. La prise sans délai des actes réglementaires de reversement des contractuels propres et des fonctionnaires détachés avec l’ensemble des mesures d’accompagnement nécessaires ;

2. La prise d’un acte réglementaire consensuel conformément à la lettre et à l’esprit de l’article 2 de la loi 057 portant sur la Fonction Publique Hospitalière (FPH) pour préciser les conditions d’exercice des enseignants chercheurs, les hospitalo-universitaires, les chercheurs, les militaires, et les paramilitaires dans les établissements publics de la santé (EPS). Ce qui permettra de sécuriser et de motiver davantage cette catégorie exerçant dans les hôpitaux, pour l’amélioration de l’offre et de la qualité des soins aux populations et l’amélioration de la fonction publique des ressources humaines en santé ;

3. La prise en progressive des actes de détachement à titre de régularisation en commençant par les retraités de 2018 ;

4. L’élaboration consensuelle et l’adoption en conseil de ministre des décrets de la loi 057 sur l’organisation du travail et la garde couchée dans les structures de soins au plus tard fin juin 2019 ;

5. L’élaboration consensuelle et l’adoption en conseil de ministre des autres décrets de la loi 057 avant fin juillet 2019 ;

6. L’implication de tous les syndicats de la santé dans l’élaboration des textes réglementaires relative à la loi 057 comme le dispose le protocole d’accord ;

7. La mise en place rapide d’un comité pour la pré-qualification des marques impliquant les sociétés savantes des utilisateurs, en vue de l’utilisation du nouveau mécanisme des conventions cadres pour l’équipement diligent des structures de soins pour offrir des soins de qualité aux populations ;

8. Mettre en place un mécanisme rapide de reversement des attachés de santé en A1 suivant la loi 081 aux fins de corriger une injustice vécue par les infirmiers et infirmières et les sages femmes dans leur plan de carrière d’ici fin Juin 2019 ;

9. Accorder une bonification d’un échelon aux administrateurs des services de santé des le cadre de la loi 081 d’ici fin juin 2019 ;

10. Adoption sans délai du statut particulier et du RIME du Ministère de la santé ;

11. Élaboration et adoption des textes de l’Examen classant National des médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes du Burkina Faso au plus tard fin septembre 2019;

12. Élaboration consensuelle et signature de l’arrêté interministériel de la prime de motivation en remplacement des ristournes avec effet au 1er janvier 2019.

A ces points s’ajoutent bien évidemment la régulation des retenues sur les salaires des agents de santé et la restitution des retenues abusives effectuées. En cas d’infraction à la fin de cette grève, nous nous réservons le droit de mener toutes les actions nécessaires pour l’aboutissement à des solutions à nos préoccupations désireuses de soins de qualité.

Le gouvernement sera tenu pour responsable des conséquences qui en découleront.
Veillez agréer, Excellence , nos salutations distinguées.

Source : Infowakat

 


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