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Chauffeurs routiers : Une coalition menace de tout bloquer

C’est véritablement une chorale de désapprobation qui a été exécutée ce 10 avril 2019 contre la personne de Issoufou Maïga, président de l’Organisation des transporteurs routiers du Burkina (OTRAF).

Au cours d’une conférence de presse animée à Ouagadougou, des chauffeurs routiers ont prévenu. Ils ne veulent pas de l’actuel président de l’OTRAF à la tête de la faitière des transporteurs en gestation. Et s’ils ne sont pas entendus, ils vont garer leurs remorques et citernes. Va-t-on encore vers un blocage des gros porteurs comme cela avait été le cas dans un passé récent, et qui avait occasionné le renchérissement de certains produits de grande consommation ? Tout porte à le croire. En tout cas, ce sont des centaines de chauffeurs en colère qui étaient réunis ce 10 avril au siège de l’Union des chauffeurs routiers du Burkina(UCRB). Les mécontents précisent pourtant que leur mouvement n’est pas commandité par ladite Union. Pendant que les premiers responsables étaient dans leurs bureaux donc, les frondeurs qui se font appeler « la Coalition des chauffeurs », animaient leur conférence dans une salle, avec des militants fortement mobilisés pour l’occasion.

 

Par la voix de Ambroise Ouédraogo, les conférenciers débutent la rencontre avec les journalistes en présentant leurs excuses à la population burkinabè éprouvée par leurs arrêts de travail. « C’est contre notre volonté, et c’était la manière de nous faire entendre », se justifient-ils. Malgré tout, il pourrait encore y avoir arrêt de travail. « La Coalition des chauffeurs » crie à la monopolisation. Au niveau national, à la SONABHY, à la SONABEL et au niveau des sociétés minières, ce serait les camions de Issoufou Maïga et ceux de ses proches qui livrent le carburant. Les autres transporteurs se tournent les pouces. Cette situation serait pareille au niveau du transport du fret depuis les ports.

 

 

 

En 2018, pour dénoncer ce monopole, les chauffeurs avaient garé leurs camions et citernes. Un arrêt de travail de 6 jours dont l’onde de choc a été ressenti par les Burkinabè. En réponse, le gouvernement avait décidé de mettre en place une faitière des transporteurs, une décision applaudie par les transporteurs et chauffeurs. Mais selon Ambroise Ouédraogo, ce serait encore Issoufou Maïga qui est en pôle position pour diriger la faitière en gestation. D’où leur mécontentement. « Maïga a rendu nos activités très compliquées. Nos souffrances avec nos différents responsables sont l’œuvre de Maïga. Nous, conducteurs, rencontrons trop de problèmes (…) Le problème ne fait qu’empirer suite à la monopolisation des frets des différents ports, des frets nationaux, de l’hydrocarbure et niveau des différents sites aurifères », déplore « la Coalition des chauffeurs » tout en précisant ne pas être contre la personne de Issoufou Maïga, mais que c’est plutôt sa méthode de gestion faite d’accaparement du business du transport qui est décriée.

 

Mais en quoi un problème supposé entre transporteurs suscite un tel mouvement des chauffeurs ? A cette question, les frondeurs se font plus amers. « Le chauffeur est le premier acteur du transport. 90% de ceux qui ont des camions ne vont pas à Lomé, ni au Ghana pour amener les marchandises au Burkina. C’est nous qui souffrons sur les routes avec les tracasseries et tout », expliquent les chauffeurs. En plus, ils estiment que, puisque chez leurs patrons les affaires ne marchent pas à cause du monopole, les chauffeurs en ressentent les conséquences. Par manque de marchandises à transporter, certains chauffeurs auraient même été remerciés par leurs patrons. Après avoir passé 4 ans à la tête de l’OTRAF, Issoufou Maïga doit rendre le tablier, clament les chauffeurs. Et si leur vis-à-vis est encore désigné, comme cela se dessine, comme premier responsable de la future faitière, « nous allons observer un arrêt de travail illimité », préviennent-ils.

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