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Cameroun: ce que l’on sait de la mutinerie à la prison centrale de Yaoundé

Le secteur de la prison centrale de Yaoundé était toujours quadrillé mardi dans la matinée, mais le calme était revenu dès minuit après que les coups de feu ont résonné durant plusieurs heures.

Dans un communiqué, le gouvernement camerounais parle d’un « mouvement d’humeur initié par des personnes placées en détention provisoire dans le cadre de la crise anglophone ». Un mouvement qui se serait « rapidement transformé en une insurrection violente, savamment planifiée », selon les mots du gouvernement. Mais ce dernier indique qu’aucun tir à balles réelles n’a été effectué.

Lourds dégâts matériels

Le bilan officiel fait état de deux blessés parmi les détenus, qui ont été pris en charge dans un centre hospitalier. La société civile évoque quant à elle le chiffres de quatre blessés légers et deux blessés graves.

De lourds dégâts matériels sont rapportés de part et d’autre. « Ce matin, c’est une atmosphère de ruine qui règne, expliquait David Eboutou, militant des droits de l’homme, anciennement détenu lui-même dans cette prison, joint au téléphone. C’est un calme précaire (qui règne) avec des bâtiments totalement détruits, des morceaux de bois, ça et là, des détritus issus du feu…»

Le feu dont parle David Eboutou c’est un incendie que les détenus ont allumé, qui a été finalement maîtrisé. Le bureau du surveillant général dans la cour centrale a notamment été détruit, toute comme entre autres la salle informatique ou la salle des machines à coudre qui sert aux formations en vue de la réinsertion des détenus.

Plus de 5 000 détenus pour 800 places

Mais la prison de la prison centrale de Yaoundé Kondengui est quoiqu’il en soit surpeuplée. D’une capacité de quelque 800 places, elle accueillerait entre 5 000 et 6 000 prisonniers, parmi lesquels des séparatistes anglophones donc. Certains de leurs leaders ont d’ailleurs été transférés vers une destination inconnue.

Des détenus de droit commun mais également des opposants du MRC, le parti de Maurice Kamto. Ils seraient plusieurs centaines à y être détenus. Le leader du MRC s’inquiète d’ailleurs dans un communiqué de rester sans nouvelles de ses membres. Le premier vice-président du MRC Mamadou Yacouba aurait été exfiltré avec un militant.

Il y aussi des personnes arrêtées dans le cadre de l’opération Epervier, l’opération anticorruption du gouvernement. Il y a donc entre ses murs des anciens ministres, des anciens généraux ou anciens directeurs de sociétés d’État.

Par RFI 

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